Communiqué – Agression lesbophobe à la Marche des Fiertés Paris 2021

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Noues, lesbiennes féministes radicales, noues sommes constituées en groupe de résistance contre le terrorisme patriarcal et contre l’invisibilisation des lesbiennes par les milieux queer et GBT. À l’heure où des hommes peuvent entrer sur simple déclaration de se « sentir femme » dans les espaces qui noues sont réservés (sport, prisons, refuges, etc…), à l’heure où les lobbys pharmaceutiques et chirurgicaux font subir à des adolescentes des opérations mutilantes pour modifier des corps en parfaite santé dans une indifférence générale de la majorité, noues refusons de laisser le débat opposant queer et féminisme radical confiné aux seuls milieux LGBT. Noues avons décidé de marcher en tête de la Marche des Fiertés de Paris le samedi 26 juin 2021 pour visibiliser nos revendications qui ne sont ni plus ni moins la demande du respect de nos corps, de notre sexualité et de notre intégrité morale et physique.

Dans une ambiance sorore et galvanisée, noues avons marché avec nos banderoles, nos slogans et notre courage féministe dans un esprit de non-violence et dans le seul but de visibiliser nos revendications, ce qui est notre droit en démocratie, d’autant plus le jour de la Pride, censée représenter la force de nos luttes en tant que femmes homosexuelles dans une société encore hétéro-patriarcale.

Noues étions confiantes d’avoir un espace d’expression dans ce cadre, malheureusement, noues avons été physiquement et psychologiquement attaquées pour avoir osé remettre en cause l’idéologie queer. Alors que noues étions arrêtées en face d’un cordon de police, deux hommes s’identifiant manifestement comme « femmes trans » sont venus face à noues, noues ont fixées d’un air menaçant jusqu’à ce que l’un d’entre eux s’avance et arrache violemment l’une de nos banderoles. Cette banderole affichait ce slogan : « Les Lesbiennes ont besoin de féminisme, pas de transition mutilante. ». L’un d’eux, sourd à nos appels au calme et refusant notre volonté de ne pas interagir avec lui, a persisté dans ses gestes violents, frappant l’une d’entre noues au bras au point que la police, d’abord passive, a dû intervenir pour l’écarter de notre groupe. Bien que choquées, noues sommes restées conscientes de notre bon droit et avons voulu démontrer qu’aucun terrorisme patriarcal ne noues ferait ni taire ni reculer. Cependant, le deuxième individu a continué à tourner autour de notre groupe et à noues interpeller, s’approchant très proche de nos visages et de nos corps au point que noues avons dû lui intimer la nécessité de s’éloigner en tendant nos bras en avant. De nouveau, malgré nos demandes, il a persisté à noues crier dessus avec un regard vide et haineux qui noues a fait noues sentir menacées. Noues n’étions plus seules en ce début de cortège, plusieurs lesbiennes noues suivaient déjà depuis quelques temps et chantaient avec noues nos slogans, mais l’intervention de ces deux individus a jeté un froid et une ambiance de terreur qui n’a fait que s’accentuer au fur et à mesure qu’ils ameutaient d’autres personnes en leur demandant d’intervenir et de noues éjecter de cette marche. Ils sont allés voir la police, leur demandant de noues faire partir, en prétendant  que noues avions des propos discriminants, alors que noues revendiquions simplement le fait d’être lesbienne et ce que cela implique, à savoir le fait de ne pas être attirées par les pénis. Ils ont également ignoré les appels au calme des agents et ont commencé à ameuter de nombreuses personnes autour de noues qui noues ont huées, insultées et fait des gestes menaçants. C’est à ce moment que noues avons trouvé plus judicieux de partir, craignant pour notre sécurité. Noues avons pu constater après l’action que noues avions vu juste, découvrant avec effroi des publications sur les réseaux sociaux d’hommes transidentifiés exprimant leurs regrets de n’avoir pu noues tabasser, après s’être « mis en formation » Place de la République.

Mais la violence et l’intimidation n’étaient pas terminées puisqu’elles ont continué sur internet. Au-delà des accusations de transphobie pour avoir scandé « une femme non-féminine n’est pas un homme » ainsi que « un homme en jupe n’est pas une femme », noues avons fait face à des appels à la « dénonciation publique » ainsi qu’à des menaces incitant à noues retrouver et incitant les réseaux « transfem » à se rassembler pour mener des actions contre noues. Face à cette inversion de réalité où celles qui défendent leurs droits, et notamment celui de pouvoir garder les mots qui désignent notre réalité comme « femme », « lesbienne », « homosexuelle » ou encore « orientation sexuelle », deviendraient les agresseuses et les violentes, noues avons voulu rétablir cette vérité car, quelque soient les menaces, quelque soient les intimidations, la diffamation, noues refusons d’être silenciées. De plus, bien que nos agresseurs aient été des hommes blancs, et bien que noues étions des femmes lesbiennes féministes radicales de toutes les couleurs, européennes et non européennes, ils ont relayé sur les réseaux sociaux que noues n’étions que des « faces de craies », blanches et racistes. De ce fait, plusieurs d’entre noues, afro-descendante, maghrébine et asiatique se sont senties invisibilisées en tant que lesbiennes féministes radicales et dépossédées de leur droit de parler de leurs revendications en tant que femmes racisées issues de l’immigration. Ceci est une preuve de plus de l’utilisation de l’antiracisme en tant que trophée ou d’alibi par les milieux queer qui instrumentalisent cette lutte pour diviser les femmes dans le féminisme radical.

Des générations de femmes se sont battues pour avoir le droit de connaître et de vivre avec leur corps, pour affirmer leur orientation sexuelle, et pour trouver les mots qui désignent nos oppressions et les violences que les hommes noues font subir.  Noues ne laisserons pas des hommes noues enlever ces droits et cette existence politique et matérielle : les lesbiennes existent et n’ont pas peur de parler.

Face à ce déferlement de haine auquel noues faisons face depuis notre action, et face aux propos calomnieux relayés par notre agresseur qui noues accuse d’un harcèlement dont noues noues permettons de douter, noues dénonçons aujourd’hui le silence complice des médias. Noues dénonçons également le soutien indécent apporté à notre agresseur par les différentes organisations « féministes » et LGBT malgré la vidéo qui montre clairement la véritable tournure des évènements. Noues exigeons non seulement des excuses mais également un soutien public.

Noues ne demandons pas un soutien pour nos revendications, mais une reconnaissance de la violence que noues avons vécue et que noues vivons encore en tant que lesbiennes et en tant que femmes. Noues sentons une impunité à l’égard des attaques misogynes lorsque celles-ci sont faites aux féministes radicales, ce qui est inacceptable. Notre agresseur et les queer dénoncent un cyberharcèlement de la part des féministes radicales: qu’il nous fournissent les preuves car, pour notre part, noues en avons plusieurs allant des insultes misogynes aux menaces de mort et de viol. Aucun journaliste ne noues a contactées pour avoir notre version des faits. Un article sur le blog de Mediapart dénonçant la violence que noues avons subie a même été censuré. Or, noues pensions que pour se faire un avis objectif sur un sujet donné, il était important, pour ne pas dire nécessaire, d’essayer d’avoir chaque version des faits avant de prendre position. Ce qui, lorsqu’il s’agit de féminisme radical, n’est apparemment plus le cas. Comment se fait-il que personne dans la communauté queer ne se soit manifesté pour repositionner les termes du débat ? Au contraire, noues avons même appris l’existence d’un communiqué d’une association LGBT véhiculant diffamation et fake news en prétendant que notre action était « un évènement transphobe perpétué par le Collectif Abolition Porno-Prostitution ». D’autres, cherchant activement une sorcière à brûler, sont encore persuadés que Marguerite Stern et Dora Moutot étaient présentes. Tout en reconnaissant le travail politique de chacune, noues rappelons que noues, Résistance Lesbienne, sommes une collective autonome qui s’est constituée de manière spontanée, avec nos propres enjeux et idées politiques à défendre. Et noues rappelons à Madmoizelle, qui n’a surement pas vu de lesbiennes non-féminines depuis longtemps, que noues étions des manifestantEs et non des « manifestants », comme elles se sont bien permises d’écrire sans l’écriture « inclusive » qui leur est habituellement si chère. Ce n’est pas un hasard, et cela fait écho à toutes les fois où noues avons été appelées « Monsieur » avant d’être agressées par des lesbophobes.

Noues espérons que les organisations LGBT et « féministes » ayant apporté leur soutien à notre agresseur sont conscientes qu’elles se rendent complices des incitations au suicide, des messages lesbophobes et des appels au féminicide que noues recevons.

Ci-dessous, quelques captures d’écran ( diffamation, inversions, tentatives d’intimidation, menaces de mort, fake news, insultes…) appuyant nos propos et une photo de la marque corporelle laissée par l’agression sur l’une d’entre noues :

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